écrits

j’ai pensé un ensemble des rêves réunis
je pensais à ce que je n’ai pas dit en image – un vide à plus tard remis
un vide de mot avant la vie et puis la terre à mes pieds et
la bouche a parlé la main a écrit ici …

Magda Moraczewska

table des matières :

NUIT

cours Magda cours … (2)

depuis la fin j’ai réfléchi
les débuts 
les ombres
mais le moi(s) tire à sa fin
(octobre 2016)

ascenseur nuit …

le processus
est enclenché
je vais bientôt me retrouver

angoisse tu m’as parlé
deux trois mots
bonjour … ça va …
il n’y a pas de lumière dans le couloir
mais prenons
l’ascenseur … viens
tes paroles étaient
tellement
rassurantes
(son souffle glacé
ses doigts dans mon dos transi)
et …

septembre 2013

le vide …

ça m’a traversé
lorsque ce vide
s’étend
et
quitte la noisette du cœur
enfuie sous le sein
s’étend le vide
s’éteint la lumière
ça m’a traversé …

ça m’a traversé
être
ne plus …
et le “jamais” sans regret possible
et la possibilité de regret
régression aussi

disparue
fondue dans le
décors
murmurer ? crie crie
vas-y

juin 2015

dans ma cage …

je n’ai pas de chez moi tu sais
je tourne
en carré
dans la cage
de mon pilulier
et la nausée
aura raison
de mes choix
des couleurs
je ne t’aimerai qu’en noir et blanc

je n’ai pas de chez moi tu sais
tu le savais
tu t’en doutais
je me suis attachée
telle
une liane à
une autre plante … ou un être …
je repousserai
ailleurs
c’est tout
c’est tout ?
c’est tout

juillet 2015

je ramasserai mes mots …

tu es un dos
c’est comme un mur
j’aimais tant tes yeux
je les aime
encore

tu partiras
mais pas comme ça
pas en restant là
inaccessible soudain
autre

ou si moi je partais
en regardant l’heure
vite vite
je ramasserai mes
mots
mes cliques
les claques reçues
de la vie

août 2015

enfermée ….

c’est comme dans un ascenseur
regarde
j’étais enfermée là
dans cette boîte le temps s’arrêtait
le cœur s’arrêtait
et il m’a dit …
le nom de
ses yeux sombres
le nom de ses mains
le thème astral n’a pas eu lieu

guérie aguerrie
caparaçonnée
mais la boîte ?
elle te rend
fluide et molle …
écoute
ce nouvel ascenseur
tiens vous ici ?
signes particuliers
regard : fuyant
et tout le reste …
violent
avec conditions aggravantes

encore cette image tiens
tous ces insectes
charognards à vide
pleins d’essences sucrées
asticots
ça bouge
ça grouille
ça me fascine
ça me géolocalise
des années en arrière
l’oiseau spolié
j’ai été corrompue
le verre dans ma
cuisse
continue son travail
de l’homme de main
demain je partirai
aujourd’hui je …

mars 2015

insomniaque …

je n’arrive pas à dormir
non je n’ai pas bu de café
j’en ai juste
parlé
sur cet échiquier …

tu es belle
et moi je regarde
les vies
assises là
leurs jambes lourdes
de veines
vaines
grêles leurs cous
inclinés vers le côté

où un jour
s’est arrêté
l’ombre de celui qui aurait pu
être lumière …

mais c’est beau c’est clair c’est chair
de poule
ce que tu écris

mais compliment impossible
quand la peau est grise
minée
par
le temps

mais c’est beau
et je n’oublierai pas ce regard
vif je suis résolument
morte
ressuscite-moi

et tu ne sais pas que je t’écris
comme c’est drôle
d’autres
liront
se sentiront même
peut être
concernés par
cette lettre d’amour
universelle

septembre 2015

qui es-tu ?

peu de chance
de continuer
tu es parti pas
un autre

c’est toi
le fait que tu sois là quelque part
je sais que tu ne me manques pas
tu existes et moi je peux
creuse est ma construction
et ne tient sur rien
même pas sur
même pas sûr
je revois ton visage
tu sais
c’est rare que les traits me reviennent
jamais pour ainsi dire et
surtout pas à ma demande
un signe

de rien

je suis quelqu’un et pas n’importe
qui es-tu
va savoir
oui
je veux savoir
c’est pour cela

que je creuse
ma tombe

même en mettant des grillages …
même en tournant le dos à l’image
… du déjà vu car
du vécu

décembre 2012

effrois … nuits

la chauve souris
cette feuille sèche
par terre
tel un gant déchu
rampant
vers mon effroi
c’était donc toi
(aussi)
vois-tu
je ne sais parler aux animaux
recouvre
une forme humaine
abstrais-toi …

c’était donc toi aussi
ces yeux noirs
hypnotiques
tentacules
cette piqure
des cils et …
je ne sais (plus)
parler
ma bouche regarde
ma bouche
ma …
n’a plus de réseau

c’était donc moi
cette ombre
sur ton murmure

cet effroi je l’ai vécu mais en parler ?

juillet 2015

JOUR

encres …

plusieurs fois déjà
j’ai commencé à écrire
papa papa regarde
c’est toi
c’est écrit
j’ai commencé
j’ai écrit
pa-pa
Il marchait droit devant lui. Pas très grand, pas assez svelte, petite barbe et cheveux blancs, blancs depuis l’histoire du cambriolage, un peu plus depuis l’accident de voiture. Il marchait. À travers les champs. Le vent tiédissait ces derniers jours et la lumière était jaune-doré-gris-vert-bleue. Bientôt le printemps. À quoi bon, pour lui c’était l’automne qui avançait à grands pas. Pas très en forme, nullement sportif, il se fatiguait vite maintenant, s’essoufflait tandis qu’à la tête lui tournait. Il va falloir ralentir, si tu veux arriver jusqu’au lac, se dit-il. Les chiens le précédaient mais sans courir, ils allaient et venaient à leur guise….
transcrire les sons diffus
la tempête et ses sifflements
c’est le S
regarde regarde
il serpente
papa hoche la tête
amuse-toi
tant que tu as de l’encre
la vie commence après
septembre 2015 – décembre  2016
le texte a été publié en entier sur le blog de Mathieu Simonet dédié à la paternité …

dansé mes vies …

mes vies possibles
ont déjà dansé ensemble
en accord
et j’ai dansé mes vies

lorsque petite encore
en jupette
je buvais
le soleil
à la fenêtre
soleil et ses parfums
de future journée
remplie d’oiseaux de paradis
roucoulant
pour se faire passer
pour des vulgaires pigeons

ce moment d’attente
tournée vers
tous les futurs
avec confiance
je m’en rappellerai …

mars 2015

double vie …

que le temps accellère
pour que ce soit fini
dommage
si précieux
et perdu
ce temps qui est le mien
que ma volonté soit faite
vade retro

les moments avec toi
le temps peut s’arrêter
non
ralentir
non
ne pas passer aussi vite
s’il te plait …
passe ton chemin
oublie nous

instants volés au temps
ou plutôt
au quotidien
toujours au détriment de …
une double vie est impossible
une double vie est possible

gagner des moments ensemble
c’est aussi savoir les prendre et rentrer
en plein
dedans
être à deux
pour toujours
durant si peu

juillet 2011

peut être un peu jolie …

tu as senti ?
une étincelle tu dis ?
le courant tu dis ?
la maison a tremblé tu dis ?
je m’en fous
je ne veux pas
mettre la forme
aux mots
sortis d’un volcan …

j’ai su … puis non
puis peut être
mais alors
qu’est ce qu’il est timide
ou bien … c’est à moi ?
et si …
oui je me surprends
un regard dans le miroir
si peut être un peu
jolie

juin 2015

vital …

la journée
c’est quand
est vital
d’écrire quelques lignes
sur la nuit …
tu es vital

le retour
c’est quand
partir a été
en larmes

la vraie question
c’est quand
soudain
le rideau se lève
sur ton silence

octobre 2015 – janvier 2016

au début …

c’est
quand les idées résonnent
quand finalement
mon optimisme
me dira
vas-y ?
qui a rajouté un point d’interrogation ? qui ?

écrire tout ça encore
dès le début

j’aime écrire
tu vois
les vers c’est comme
une lettre
au miroir
déformant
le ricochet
fait phrase

tu es belle
et moi je te regarde
et ça commence
tout commence là
maman

août 2015

danse !

il n’y a pas que la main …
mais la main appelle et entraîne
la main crée et (re)lie
la main est
ce début
attendu
tendue

butoh toute existence …. dansée
références et trouvailles magnifiques … dansées
comme si on pouvait tout raconter
avec les corps et leurs lumières … dansées
lumières … j’entends intérieures …
et on peut
tout
dire

c’est ce monde dont je ne viens
pas
là bas on voit si clair
que l’on en
redemande
le rêve devient devient et devient encore
possible

chez moi le rêve s’efface avant la nuit
et quand les réveil sonne le café
date de hier et
comment fais-tu pour vivre ?
je me dédouble et
nous vivons correctement
et
mourir n’a pas de relief
pas plus que ça
car l’obscur désir
qui
voile la pensée est celui
de mieux oublier les rêves
en y substituant
ce que l’on a
– un triste manque de frustration

attaché dans le dos
fil invisible visible
tu es attachée
dans ton dos
tout ça
te retient
tu cours
et tu y retournes
tu t’envoles et y retournes
essaie encore je te dis
non je fatigue belle
je fatigue
ce corps
visible(ment) las
m’obéit si
peu
vivement l’hiver
l’air gèlera nos souffles
dans le givre
entrelacés

pour ne pas oublier
je ne note qu’un
fragment
qui forme des fondations
stables
lorsque j’ai voulu te parler
ma vie s’est écroulée
sable …

c’est ce monde dont je ne viens
pas
là bas on voit si clair
que l’on en
redemande
le rêve devient
devient possible

chez moi le rêve s’efface avant la nuit et quand les réveils sonnent
le café date de hier
pour vivre
on vit correctement et
mourir n’a pas de relief
car l’obscur désir
qui
voile la pensée est celui
de mieux oublier le rêve
en y substituant
ce que l’on a
un triste manque de frustration

pour que ça continue
il faut le contact
des mots et phrases
du sens et du rire

juin 2014

écris-moi …

je suis un peu rouillée
tu … mais pourquoi être deux
je parle seule
je m’en suis aperçue
lorsque j’ai gratté
la rouille
je n’ai vu
aucun
visage

plusieurs fois déjà
j’ai commencé à écrire
papa papa regarde
c’est toi
c’est écrit
j’ai commencé
j’ai écrit

transcrire les sons diffus
le temps va à la tempête
sifflements
c’est le S regarde il
serpente dru
papa hoche la tête
amuse-toi
tant que tu as
de l’encre
la vraie vie commence après

j’ai donc acheté une très grande bouteille
d’ancre
je leste
mes cotes blanches
les hanches
mes pensées et puis
les œufs
sortent
noirs de chair
calcifiée
de quand … les trains …

une qui dessine
te dessine
je me
tu
c’est toujours moi
non ?

septembre 2015

MER ET CIEUX

comment décrire ?

le souffle comment décrire
la vague sans tremper
le pinceau dans
l’océan comment décrire
le vent sans respirer
les nuages …
souffle
sommeil
vie

regarde le ciel
non il tombe
regarde la lune
non
elle s’est pendue
je dois
écrire

regarde la vie
non
elle meurt
regarde moi
non

juillet 2015

c’est tout …

ton regard gourmand
m’a fait la cour
en silence
le tour
de ma bouche

tu as froid
tu dormais ?
je rêvais que
mais les écritures
ont couru sur mon front
vite vite
cieux

mai 2015

mange !

tu m’as mangée aux fruits secs
juste à la
pistache
regarde
re averse de lumières
je lis au lit
sur tes lèvres

regarde
regarde-moi
et à travers
ces lumières douces touche

quand tout sera fini
figure-toi
le soleil ne se couchera jamais
et au loin
son clapotis nous racontera
nous
nos corps
épris d’esprit

juillet 2015

ciels …

ciels … un détail ?
soudain tout est flou
et ces voix qui s’éloignent
un jour je saurai être
ciel
terre
sautons

regarde mon amour
ce mot existe
au début d’un alphabet
étranger
aux signes de
tendresse …

on dit cieux aussi
et puis pourquoi pas
finalement
je suis là
le ciel t’existe
le ciel m’existe
soit

j’ai fui et bêtement
je me suis laissée prendre
enfermez-moi dans la cage
du vocabulaire
psychanalytique
regardez
au sol
les mots ont été
vidés
découpés
saignés
par mes soins … ils sont purs
ils sonnent creux
oh cieux
boum
boum

octobre 2015

VOIR

n’a jamais été …

oui non
écrire n’a jamais été
une solution
de remplissage
la feuille peut rester
vide et moi
je
me
remplis
peu (à peu)

c’est moi en homme
c’est toi en femme
et puis ?
rien
ou bien
on avancera
cette rencontre c’était comme si
soudain
je
me rencontrais

oui non
écrire n’a pas été
une solution
de remplacement

décembre 2013

dessine-moi …

tu m’étonnes
tu m’attends au fond
de la conversation

ton image
tu l’as trouvée
je viens
je m’en vais
dédoublée
tu tournes autour
yeux vides ici (peur)
je pars
sur un écran choisir des caractères
qui s’assemblent collent sautillent me proposent
c’est par ici
(et Magda existera)

c’est peut être moi …
qui
ne jure que par l’impossible …
derrière –
un masque
vif
ouvre les yeux

dessine-moi un visage
tu veux ?
il sera
… ou
ne
sera
pas

mai 2015

mots ….

c’est
tellement facile
regarde tu sais sourire
et ton écriture
en est un
écho
automatique

mais à qui parles tu ?
ferme donc la porte
la fenêtre
le livre
les yeux
reste avec moi
miroir

mais à qui tu parles ?
je me le demande
suis deux
seule quand mes yeux t’ont
trouvé ?

juillet 2015

langues …

il y avait
de la lumière là
rosée
sur la lune
qui piquait un fard

il faisait sombre dedans
c’est chez toi ? ici ?
j’habite ce non lieu
cet espace glauque
entre le mur
et l’autre mur là … le palais
et la langue
entre le sol et la porte seul un filet de lumière passera
aussi mince
que moi

comment ?
seule ? un grand moment …
un petit pince-ment
autorise-toi donc
ce vide a sa place du verbe
à voir ..
langues …

et tu ne sais pas
que je t’écris
ou si
peut être
et que je veux être
lue
nue

juillet 2015

pas de titre …

j’ai découvert ainsi
quelques textes
écrits tard
la nuit
écrits sans plume
avec une arrière pensée
qui m’échappe totalement
en état de veille
je me découvre ?
je me cache derrière plutôt oui c’est ça
un manque
mais alors total
de syntaxe
je me hais alors
car la beauté
le sens
profond
sont codés en morse …
les mots
pourtant toujours aussi
rythmés
souffrent de solitude et en meurent

je suis arrivée ici il y a quelques jours
en fait je suis née là
si ça peut vous éclairer
si ça vous positionne
ou me positionne plutôt
si j’étais vous
je serais preneuse
des explications ou des bribes d’éclaircissement …
oui parce que
on n’est jamais sûr de rien même du plus joli lieu
commun
tel qu’il serait
établi sur
une carte …
ha ! quelle idée de donner son lieu de naissance comme début d’une nouvelle
comme point de repère
aux fans (à défaut d’en avoir un moi
de repère
mais si j’étais vous
je boirai comme du petit lait
des détails biographiques … on ne sait jamais
peut être l’un d’eux serait
à moitié
quand même
un peu
vrai ?
comme le fait que je sois …

ok

décembre 2014

regards …

j’ai vu
tu m’as suivie
mais qui voudrait encore
être
de l’autre
le reflet (et)
fidèle ?
complétudes

juin 2015

autre train …

paysages de train éternel
recommencement
monter
descendre

et vu que je ne serai jamais grande …

non jamais tu ne seras
depuis
elle essaye d’être

octobre 2015

dans un souffle …

et tu as vu
mon dos
seul le ventre
était
nu

au loin regarde
où ça ?
demain ?

la peau est une fleur
à fleur
la tête tourne
à cent à l’heure
et
mes pensées
sont restées
dans ton armoire
en bois
en toi

la peau
une fleur
à fleur
j’ôte mes peaux
insensibles

vision furtive fugitive
non
ce n’était … ou peut être que
si ?
rêver ?

bien qu’immobile
doublement
rapide
le souffle
qu’attendre
d’une feuille
de vigne …

et je pourrais peut être
écrire tout ça
dessiner tout ça
murmurer
en toi

mais tu as vu mon dos
et seuls
mes yeux
étaient nus
sous silence
des lunettes

négatifs

négatif positif
regarde donc comment sommes nous
faits
à souhait fragiles
tributaires des états d’âme

qui ? moi je vis demain
par dessus le vide
je tends des fils
nous … vous …
moi …
sous mes pieds …
non je regarde la rive

deux épaules
deux tu entends ?
deux jambes
ancrées
cette force intérieure
se lit
dans un regard clair
qui entraîne

août 2015

cadrages …

non je ne reparlerai pas de moi
pas à ma place
je suis décadrée

tu m’as vue
je
cherche
la porte
je porte cet œil double
ce ciel trouble
ce trouble
oublie-moi

emmêlée
cordons ombilicaux
pendue aux lèvres
muettes
livides
je ne suis pas
pa
pa
apte à te concevoir

septembre 2015

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